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Sri Aurobindo

Le Secret du Véda
Suivi de hymnes choisis du Rig-Véda

Avec commentaires

12. Les troupeaux de l’Aurore

Les sept Fleuves, les Eaux, āpaḥ, sont généralement appelés, dans la langue imagée du Véda, les sept Mères ou les sept Vaches nourricières, sapta dhenavaḥ. Le mot āpaḥ lui-même a, d’un point de vue occulte, une double signification; car la racine ap signifiait au départ non seulement se mouvoir, d’où provient très probablement le sens “eaux”, mais voulait dire aussi être ou faire exister, comme dans apatya, enfant, et le terme appā, père, utilisé en Inde du Sud. Les sept Eaux sont les Eaux de l’être; elles sont les Mères qui mettent au monde toutes les formes de l’existence. Mais nous rencontrons aussi une autre expression, sapta gāvaḥ, les sept Vaches ou les sept Lumières, et l’épithète saptagu, aux sept rayons. Gu (gavaḥ) et go (gāvaḥ) retiennent dans tous les hymnes védiques ce double sens de vaches et de radiances. Dans l’ancien système de pensée des Indiens, l’être était un aspect de la conscience et réciproquement, et Aditi, l’existence infinie, qui enfante les dieux, appelée la Mère aux sept noms et aux sept domaines, dhāmāni, représente également la Conscience infinie, la Vache, la Lumière originelle, manifestée par les sept Radiances, sapta gāvaḥ. Le principe septuple de l’existence est donc symbolisé d’un côté par l’image des Fleuves qui surgissent de l’océan, sapta dhenavaḥ, de l’autre par la métaphore des Rayons du Père qui crée tout, Surya Savitri, sapta gāvaḥ.

L’image de la Vache est le plus important de tous les symboles védiques. Pour le ritualiste, le terme go désigne simplement l’animal vache et rien d’autre, tout comme son pendant aśva désigne uniquement le cheval, ghṛta l’eau ou le beurre clarifié, vīra un fils, une escorte ou un serviteur. Quand le Rishi prie l’Aurore, gomad vīravad dhehi ratnam uṣo aśvāvat (7.75.8), le commentateur ritualiste estime que cette supplication a pour seul objet d’obtenir “une richesse agréable faite de vaches, d’hommes (ou fils) et de chevaux”. Par contre, si ces termes sont symboliques, cela voudra dire: “Confirme en nous un état de béatitude rempli de lumière, d’énergie conquérante et de vitalité.” Il convient donc de déterminer une bonne fois pour toutes ce que signifie le mot go dans les hymnes védiques. S’il s’avère être symbolique, alors les autres termes dont il s’entoure constamment – aśva, cheval, vīra, homme ou héros, apatya ou prajā, descendance, progéniture, hiraṇya, or, vāja, abondance (nourriture, d’après Sayana) – doivent obligatoirement posséder une signification symbolique similaire.

Dans le Véda, l’image de la Vache est continuellement associée. à l’Aurore et au Soleil; on la retrouve aussi dans la légende qui relate comment Indra et Brihaspati, à l’aide du lévrier Sarama et des Rishis Angiras, récupérèrent les vaches perdues dans la grotte des Panis. Le concept de l’Aurore et la légende des Angiras sont au cœur même du culte védique et peuvent être considérés à la limite comme la clef expliquant la signification occulte du Véda. Nous devons donc désormais les examiner tous les deux pour asseoir notre enquête sur des bases solides,

En fait, une étude très superficielle des hymnes védiques à l’Aurore suffit à montrer de façon limpide que les vaches de l’Aurore, les vaches du Soleil symbolisent uniquement la Lumière. Sayana est lui-même obligé dans ces hymnes de traduire le terme tantôt par vaches, tantôt par rayons, sans aucun souci de cohérence, comme d’habitude; il va même jusqu’à déclarer que go comme ṛtam, le mot pour vérité, désigne l’eau. Nous sommes supposés en réalité, cela est clair, donner à ce terme une double signification: “lumière”, son sens véritable, et “vache”, à la fois image concrète et figure de style.

Le sens de “rayons” est indéniable, comme c’est le cas au troisième vers de l’hymne de Madhucchandaś à Indra: “Indra désirant une vision lointaine fit monter le Soleil au ciel; il le dépêcha au-dessus des monts avec ses rayonsm, vi gobhir adrim airayat.1” (1-7-3). Mais les rayons de Surya sont en même temps les troupeaux du Soleil, les vaches d’Hélios tuées par les compagnons d’Ulysse dans l’Odyssée, celles qu’Hermès, dans l’hymne que lui adresse Homère, dérobe à son frère Apollon. Il s’agit des vaches subtilisées par l’ennemi Vala, par les Panis; quand Madhucchandaś dit à Indra, “Tu as découvert la caverne du Vala des Vaches” (1-11-5), il veut dire que Vala est celui qui dissimule, accapare la Lumière, et c’est cette lumière cachée qu’Indra restitue à l’auteur du sacrifice. Dans les hymnes védiques il est constamment question de la reconquête des vaches perdues ou volées, et son sens s’éclairera quand nous entamerons l’étude de la légende des Panis et des Angiras.

Une fois ce sens établi, l’explication littérale de la prière védique pour les “vaches” du même coup vacille; car si les vaches perdues, que les Rishis veulent récupérer en invoquant Indra, ne sont pas du bétail volé par les Dravidiens mais les troupeaux radieux du Soleil, de la Lumière, cela nous autorise alors à envisager une lecture similaire quand il s’agit seulement de réclamer des “vaches”, sans aucune référence à la moindre interception, hostile. Par exemple, dans 1-4-1 et 2, on dit en parlant d’Indra “le créateur de formes parfaites, qui est comme une bonne laitière pour le gardien du troupeau”, que “son extase du vin de Soma est assurément prodigue de vaches (godā id revato madaḥ)”. Ce serait le comble de l’absurdité et de l’illogisme de faire dire à cette expression qu’Indra est un dieu très riche qui, une fois ivre, se montre excessivement généreux quand il s’agit de donner des vaches. Puisque le vacher au premier vers est une métaphore, l’octroi des vaches au second l’est aussi, cela va de soi. Et comme d’autres passages du Véda nous apprennent que la Vache symbolise la Lumière, nous devons comprendre ici qu’Indra, transporté par l’extase du Soma, nous accordera sûrement la Lumière.

Dans les hymnes à l’Aurore, le sens symbolique des vaches de lumière est tout aussi évident. L’Aurore est toujours appelée gómatī, ce qui doit signifier, manifestement, lumineuse ou rayonnante; car il serait stupide d’employer constamment “pleine de vaches”, au sens littéral, comme épithète favorite de l’Aurore. Mais l’image des vaches subsiste dans l’épithète; car Usha n’est pas seulement gómatī, elle est gómatī áśvāvatī (1-92-14); ses vaches et ses chevaux l’accompagnent toujours. “Elle crée la lumière pour le monde entier, et ouvre grand l’obscurité comme on ouvre l’enclos de la Vache” (1-92-4), verset où la vache sert indubitablement à symboliser la lumière. Notons aussi que, dans le même hymne, les Ashvins sont priés de faire descendre leur char, sur une voie qui est “radieuse et dorée”, gomad hiraṇyavad (1-92-16). On dit en outre que le char de l’Aurore est tiré tantôt par des vaches rousses, yuṅkte gavām aruṇānām anīkam, tantôt par des chevaux roux: “Elle attelle l’armée de ses vaches rousses” (1-124-11), où le deuxième sens, “l’armée de ses rayons roux”, apparaît nettement derrière l’image concrète. On l’appelle la Mère des vaches ou radiances; (1-124-5), “La Mère des vaches (radiances) a créé la vision”, gavāṃ janitrī akṛta pra ketum, et on dit ailleurs que son action, sa “vision ou perception a surgi maintenant là où il n’y avait rien” (1-124-11); là encore, il est clair que les vaches représentent les radieux troupeaux de la Lumière. On célèbre en elle, l’Aurore, le “guide des troupeaux brillants, netrī gavām,” (7.76.6); et un vers révélateur associe les deux idées: “La Mère des troupeaux, le guide des jours, gavām mātā netry ahnām,” (7.77.2). Enfin, comme pour écarter complètement le voile de l’image, le Véda nous confie lui-même que ces troupeaux figurent les rayons de la Lumière: “On distingue ses joyeux rayons comme des vaches lâchées en liberté, prati bhadrā adṛkṣata gavāṃ sargā na raśmayaḥ” (4.52.5). Et cela est déclaré plus franchement encore dans le vers “Tes vaches (rayons) dissipent l’obscurité et propagent la Lumière, saṃ te gāvas tama ā vartayanti jyotir yachanti2” (Viï-79-2).

Mais l’Aurore n’est pas seulement tirée par ces brillants troupeaux, elle en fait don à celui qui sacrifie; comme Indra mû par l’extase du Soma, elle dispense la Lumière. Dans un hymne de Vasishtha (7.75.7), on la voit participer à l’action des dieux, quand les places fortes dissimulant les troupeaux sont prises d’assaut et ceux-ci livrés aux hommes: “Vraie avec les dieux qui sont vrais, vaste avec les dieux qui sont vastes, elle prend d’assaut les places fortes et fait don des brillants troupeaux; les vaches meuglent à l’Aurore, rujad dṛḷhāni dadad usriyāṇām prati gāva uṣasaṃ vāvaśanta.” Et au vers suivant, elle est priée de “confirmer ou établir pour ceux qui sacrifient un état de félicité rempli de lumière (vaches), de force vitale (chevaux) et de multiples régals, gomad ratnam aśvāvat purubhojaḥ”. Les troupeaux que procure Usha sont, par conséquent, les brillantes cohortes de la Lumière récupérées par les dieux et les Rishis Angiras dans les places fortes de Vala et des Panis, et la richesse en vaches (et en chevaux) que sollicitent constamment les Rishis ne peut être autre chose qu’une richesse faite de cette même Lumière; car il est impossible de supposer que les vaches accordées par Usha au septième vers de l’hymne soient différentes des vaches réclamées au huitième; que le terme signifie lumière dans le premier de ces vers et désigne du bétail dans le suivant; et enfin que le Rishi, à peine énoncée, ait oublié l’image qu’il venait d’utiliser.

Il arrive qu’on sollicite non pas un délice lumineux ou une plénitude lumineuse, mais une impulsion ou force lumineuse: “Apporte-nous, ô fille du Ciel, tes impulsions lumineuses accompagnées des rayons du Soleil”, gomatīr iṣa ā vahā duhitar divaḥ, sākaṃ sūryasya raśmibhiḥ. (5.79.8). Sayana explique qu’il s’agit de “nourritures brillantes”, mais parler ici de nourritures radieuses apportées par l’Aurore avec les rayons du Soleil est évidemment absurde. Si iṣ veut dire nourriture, nous devons alors traduire la formule par “nourriture de viande de vache”; mais bien que la consommation de viande bovine n’ait pas été interdite jadis, comme l’attestent les Brahmanas, une telle interprétation, que Sayana évite pour ménager la sensibilité plus récente des hindous, n’est pas cependant le sens recherché – il serait aussi absurde que l’autre –, comme le prouve un autre vers du Rig-Véda exhortant les Ashvins à “nous donner cette impulsion lumineuse, qui nous transportera de l’autre côté de l’obscurité, yā naḥ pīparad aśvinā jyotiṣmatī tamas tiraḥ, tām asme rāsāthām iṣam.” (1-46-6).

Ces exemples typiques permettent de réaliser à quel point cette image de la Vache de Lumière est omniprésente, et combien se confirme la nécessité d’une lecture psychologique du Véda. Un doute néanmoins s’installe. Pourquoi, tout en acceptant cette conclusion inévitable que la vache représente la lumière, ne pas y voir simplement une allusion à la lumière du jour, comme la langue du Véda semble l’indiquer? Pourquoi imaginer un symbole là où il n’y a que simple métaphore? Pourquoi se compliquer la tâche en introduisant un symbolisme superposé, où la vache désigne la lumière de l’aurore et celle-ci représente une illumination intérieure? Pourquoi ne pas admettre que les Rishis aient prié, non pour l’illumination spirituelle, mais pour la lumière du jour?

Les objections sont multiples et certaines d’entre elles catégoriques. Si nous partons en effet du principe que les hymnes védiques ont été composés en Inde et que l’aurore est l’aurore indienne et la nuit la brève nuit indienne de dix à douze heures, il faut, d’emblée, se rendre à l’évidence: les Rishis védiques étaient des sauvages, terrorisés par l’obscurité qu’ils peuplaient d’esprits malfaisants, ignorant que la nuit succède directement au jour – loi naturelle que de nombreux Suktas célèbrent pourtant magnifiquement –, estimant que seuls leurs prières et leurs sacrifices faisaient se lever dans les cieux le Soleil et arrachaient l’Aurore à l’étreinte de sa sœur, la Nuit. Or eux-mêmes parlent du gouvernement inflexible des dieux, et nous disent que l’Aurore emprunte toujours le chemin de la Loi ou Vérité éternelle! Nous devons donc supposer que, lorsque le Rishi laisse échapper son cri joyeux, “Nous avons traversé et touché l’autre rive de cette obscurité!” c’était seulement le réveil habituel et quotidien au lever du soleil qu’il fêtait avec tant d’ardeur. Nous devons supposer que les peuples védiques, dès l’aurore, se rendaient au sacrifice pour implorer une lumière qui était déjà là! Et si nous admettons toutes ces improbabilités, nous voilà confrontés à ce constat clair et net: il aura fallu un sacrifice ininterrompu de neuf ou dix mois pour que les Rishis Angiras récupèrent la lumière et le soleil disparus. Et que faire alors de la découverte, constamment affirmée, de la Lumière par les Ancêtres: “Nos pères ont découvert la Lumière cachée; mus par leur vérité de pensée, ils ont donné naissance à l’Aurore, gūḷhaṃ jyotiḥ pitaro anv avindan satyamantrā ajanayann uṣāsam” (7.76.4)? Si nous rencontrions un vers semblable dans un recueil de poèmes quelconque, nous lui donnerions aussitôt, quelle que soit son appartenance littéraire, un sens psychologique ou spirituel; il n’y a pas de raison valable pour réserver au Véda un sort différent.

Si nous devons malgré tout donner des hymnes védiques une interprétation strictement naturaliste, il va de soi que l’Aurore et la Nuit védiques ne peuvent être l’aurore et la nuit de l’Inde; ce n’est que dans les régions arctiques que l’attitude des Rishis envers de tels phénomènes naturels et les affirmations concernant les Angiras s’expliquent réellement. Mais, bien qu’il soit hautement probable que le souvenir d’une patrie arctique imprègne le discours superficiel du Véda, la théorie arctique n’exclut pas un sens occulte, derrière les images anciennes inspirées de la Nature, ni ne dispense de la nécessité d’une explication plus cohérente et plus franche des hymnes à l’Aurore.

Prenons par exemple l’hymne aux Ashvins de Praskanva Kanva (1-46), où il est fait allusion à cette “impulsion lumineuse qui nous fait gagner l’autre rive de l’obscurité”. Cet hymne est intimement lié au concept védique de l’Aurore et de la Nuit. Il se réfère à plusieurs images maintenant familières, le chemin de la Vérité, le franchissement des rivières, le lever du Soleil, le lien entre l’Aurore et les Ashvins, l’effet mystique et l’essence océane du vin de Soma.

“Voyez! Cette Aurore insurpassable éclate pleine de délice dans le ciel; ô Ashvins, je viens affirmer le Vaste qui est vôtre, vous qui avez l’Océan pour mère, vous les réalisateurs de l’œuvre, vous qui, franchissant le mental, touchez aux félicités, vous qui, divins, découvrez par la pensée la substance et richesse vraies... Ô Seigneurs du voyage, qui mentalisez le Mot, voici le dissolvant de vos pensées, goûtez énergiquement le vin de Soma; donnez-nous, ô Ashvins, cette impulsion qui, lumineuse, nous fera traverser l’obscurité. Montez pour nous sur votre navire, afin d’atteindre l’autre rive, au-delà des pensées du mental. Attelez, ô Ashvins, votre char, ce char qui est comme une vaste galère dans le ciel, quand il franchit ses rivières. Les pouvoirs du Délice ont été attelés par la pensée. Les pouvoirs de délice du Soma dans! e ciel sont cette substance à la place des Eaux. Où allez-vous donc bannir le voile que vous avez confectionné pour vous cacher? Mais non! la Lumière est née pour la joie du Soma; le sombre Soleil a dardé sa langue vers l’Or. Le chemin de la Venté qui nous mènera jusqu’à l’autre rive s’est manifesté; visible est tout l’immense trajet qui traverse le ciel. Le chercheur grandit dans son être vers les manifestations successivement croissantes des Ashvins, quand ils se régalent de l’extase du Soma. Demeurant (ou, brillant) dans le Soleil et sa toute lumière, venez, en buvant le Soma, en prononçant le Mot, soyez chez les humains créateurs de béatitude. L’Aurore vient à nous en imitant votre gloire, quand vous envahissez tous nos mondes et du sein des Nuits gagnez les Vérités. Buvez ensemble, tous les deux, ô Ashvins, répandez jusqu’à nous la paix aux expansions (ou, protections) incorruptibles.” (1-46-1 à 2 et 5 à 15)

Tel est le sens immédiat et naturel de l’hymne, et son propos n’est pas difficile à saisir, si nous gardons en mémoire les idées et images principales de la doctrine védique. La Nuit représente évidemment une obscurité intérieure; quand vient l’Aurore, les Vérités, libérées des Nuits, sont reconquises. Ainsi se lève ce Soleil qui avait disparu dans l’obscurité – image familière du soleil perdu retrouvé par les dieux et les Rishis Angiras –, le soleil de la Vérité, qui maintenant darde sa langue de feu vers la Lumière d’or: car hiraṇya, l’or, symbolise concrètement la lumière supérieure, l’or de la Vérité, et c’est ce trésor, et non des pièces d’or, que les Rishis védiques sollicitent des dieux. Cette grande transition d’une nuit intérieure à l’illumination est effectuée par les Ashvins, les maîtres de la joyeuse action ascendante du mental et des pouvoirs vitaux, grâce au vin immortel de l’Ananda, déversé dans le mental et le corps et, là, bu par eux. Ils mentalisent le Mot qui exprime, nous conduisent au ciel du pur mental par-delà cette obscurité, et, par la Pensée, y font agir les pouvoirs du Délice. Mais ces eaux célestes, ils les franchissent aussi car le pouvoir du Soma les aide à dissoudre toutes les constructions mentales, et ils rejettent aussi ce voile; ils dépassent le mental, et l’ultime étape consiste à franchir les rivières, traverser le ciel du pur mental, suivre le chemin de la Vérité menant à l’autre rive. Et ce n’est que lorsque nous aurons atteint le suprême absolu, paramā parāvat (4.50.3), qu’enfin nous nous reposerons du grand périple humain.

Nous verrons que, dans cet hymne comme partout ailleurs, l’Aurore vient apporter la Vérité, est elle-même cette splendide Vérité. C’est l’Aurore divine, et le lever du jour n’est que son reflet et son symbole dans l’univers matériel.

 

1 Nous pourrions aussi traduire: “Il envoya au loin sa foudre avec ses lumières”, mais le sens n’est pas aussi satisfaisant et cohérent; et même si nous adoptions cette lecture, gobhir doit signifier ici “radiances” et non pas “vaches”.

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2 Que go signifie lumière dans le Véda, cela naturellement est indéniable; par exemple quand il est dit que Vritra est tué par la lumière, gavā, il n’est nullement question de vache; la question porte sur l’emploi du double sens et sur celui de la vache comme symbole.

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