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Mère

l'Agenda

Volume 8

4 novembre 1967

(À propos d'une tempête qui coïncidait avec le poudja de Kâli.)

Tu n'est pas inondé, non? Dans la chambre là-bas, ça tombait sur la table à côté de ma chaise, alors j'avais mis un pot de fleurs et je donnais toutes les fleurs mouillées aux gens!

Elle est calmée, Kâli?

(Riant) Peut-être que ça l'a douchée!

Elle a ri... Elle sait rire aussi!

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*   *

(Peu après, il est question des anciens Entretiens de Mère, de 1950 à 1958, dont le disciple prépare la première édition. Nous nous plaignons de ne plus retrouver les textes originaux:)

Q était très libre dans ses mouvements, il y a même des Entretiens qu'elle a détruits – ça ne lui plaisait pas!

Pendant longtemps, je me suis servi des Entretiens que Q avait laissés, jusqu'au jour où je me suis aperçu que c'était complètement tronqué. Puis j'ai fini par découvrir une autre collection, et je m'aperçois que cela aussi, ce n'est pas l'original absolu. Alors, chaque fois, c'est un travail énorme de tout recollecter pour retrouver exactement l'original.

Mais qui enregistrait?

Au début, on enregistrait sur «fil»; il n'y avait pas assez de matériel, alors on notait et puis on effaçait. Mais au moins, si l'on pouvait retrouver ce qui était noté... Seulement l'«original» que j'ai retrouvé a été modifié, ce n'est plus l'original!

Oh! quand on parle, on fait des tas de fautes, les phrases ne sont pas finies...

Mais cela ne fait rien! J'ai remarqué (parce que voilà des années que je m'occupe de la chose), j'ai remarqué que même quand la phrase est incomplète, ça a une valeur de la laisser comme elle est, incomplète, parce qu'il y a une espèce de rythme intérieur dans ce qui est dit, qui est détruit si on ne laisse pas la chose comme elle est

Ça, je pouvais dire quand cela venait d'en haut... Ce n'était pas toujours pareil; il y avait des jours où je parlais: ce n'était pas la conscience ici, ça venait comme cela (geste de descente), et même, comme tu dis, même quand les phrases s'arrêtaient, c'était tout-tout avec une Volonté consciente.

Il y avait d'autres jours où c'était beaucoup plus superficiel – c'était sans importance, ça avait beaucoup moins de valeur.

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*   *

Mère entre dans une longue contemplation

Un moment très difficile.

(long silence)

C'est en plein travail et... rien à dire, impossible. Impossible.

La chose la plus difficile dans le monde matériel, ici, c'est de lutter contre le résultat de tous ces millénaires d'expériences qui ont fait une sorte de conscience pessimiste et défaitiste – une conscience générale, n'est-ce pas, comme cela (geste enveloppant la terre). Et cela ne se formule pas avec dos mots, mais ça peut se traduire comme cela pour cette conscience-là: «Oui, nous ne nions pas l'existence de toutes ces choses divines, mais ce n'est pas pour nous, c'est pour... (geste là-haut).»

Très misérable. Une sorte d'état comme cela, général, très misérable. Et c'est cela, n'est-ce pas, c'est cela que tous les gens qui ont eu les expériences d'en haut ont vu, et ils ont dit: c'est hopeless [sans espoir].

Ce n'est pas, ce n'est pas hopeless du tout (naturellement pas), mais cela demande une vigilance, un soin constant-constant-constant.

(silence)

Voilà, alors on verra.

Et en même temps, le travail est devenu («travail», pas le vrai travail: le travail extérieur, le nombre des gens, le nombre des lettres), c'est devenu formidable... J'en vois bien la raison, c'est parce que (silence)... les circonstances viennent pour que le corps n'ait plus le sens de la personnalité. Mais c'est très difficile.

C'est très difficile.

Il peut très bien, mais dans la partie la plus consciente.

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